décembre 18, 2009
Ecrire c’est bien, écrire bourré c’est mieux
Et dans le noir, c’est encore plus top.
La comparaison implicite avec le sexe s’arrête à la fin de l’une des trois précédentes propositions.
François Busnel, inspiré comme jamais, demandait récemment à Philip Roth dans quelle position il écrivait.
NDLR : François Busnel est le rédac chef de Lire et anime une émission littéraire sur la cinquième. Il a aussi les cheveux longs et un sourire gentiment niais.
En missionnaire, n’a pas répondu Philip Roth.
Heu, la comparaison semble continuer en fait.
Car oui, Philip Roth écrit debout et cela fascine beaucoup François Busnel, bien que cela semble dérisoire à Philip Roth.
Mais savait-il que François Busnel écrivait assis ? Chacun ses goûts après tout.
Moi, j’écris sans lumière, en rentrant de soirée, un peu ivre, de préférence slightly déprimé mais là je ne le suis pas, donc j’écris mal.
C’est faux, j’écris comme François Busnel debout, c’est dire.
Toutefois, je bois une tisane nuit calme et il est important de le signaler afin que je sois parfaitement référencé sur les termes « tisane nuit calme, tisane nuit calme, tisane nuit calme ».
Ce créneau est à moi.
Allez les jeunes, pas de folie, au dodo.
Bah oui, c’est comme ça, quand on écrit bourré, on peut s’accorder des fins théâtrales et néanmoins pourries. Un peu comme quand on vit sobre.
Voilà certainement une chute qui donne à penser.
décembre 13, 2009
A toi, lecteur égaré – Analyse du lectorat dans l’œuvre de moi
Haroun Tazieff l’a dit: « sur un malentendu, ça peut marcher ».
(suggestion de commentaire pour vous lecteurs et donc amateurs d’Eric&Ramzy : « ta citation d’Haroun Tazieff m’a fait dire non à la drogue »)
Vous êtes justement nombreux à être arrivés sur ce blog au hasard d’une recherche google qui n’avait, a priori, pas pour vocation de vous amener ici.
J’imagine l’ampleur de votre déconvenue quand vous avez découvert le temple démesuré et fantasque que j’ai érigé à ma gloire : ce blog, dont la vocation assumée est de générer un immense nuage d’amour et d’idolâtrie autour de ma petite personne. Un objectif atteint avec une rapidité qui m’a moi-même surpris, pour l’anecdote.
Lecteurs égarés, je sais par quels curieux mots clés Google vous a fait venir ici. Permettez-moi de rendre hommage à votre déroute par cette modeste présentation de vos requêtes, que je me suis donné la liberté de classer.
- Ceux qui cherchent à progresser en râteau
donner un râteau
prendre un râteau au bureau
le râteau de l’année
le plus gros râteau que vous vous êtes pris
râteau satisfaction
se prendre un beau râteau
mettre un gros râteau
râteau facebook
risque de se prendre un râteau
râteau de l’année
râteau avec une amie
un râteau électronique
mettre un râteau
se prendre un râteau
- Ceux qui cherchent à progresser au football
faire un râteau football
c’est quoi le râteau en football
- Ceux qui cherchent à résoudre leur oedipe dans une salle obscure
la mère dans le cinéma
la figure du père au cinéma
- Ceux qui cherchent à penser
la suprématie de l’homme
la facilité tue l’homme
la suprématie américaine
la solitude est un moment de joie
- Ceux qui cherchent à rire aux dépens des autres
photo homme qui se prend un râteau sur la figure
- Ceux qui feraient mieux de chercher autre chose
comment se couper les veines
- Ceux qui cherchent des informations sur la fiscalité de la succession
aujourd’hui maman est morte
- Ceux qui cherchent le calme apaisement d’une douce tisane
infusion nuit tranquille
Vous l’aurez compris : l’écrasante majorité des lecteurs de ce blog est constituée de fervents amateurs du râteau, passion que je ne saurais critiquer.
Je décerne la mention spéciale de ma requête préférée à cette fulgurance entêtante qui depuis m’obsède : la facilité tue l’homme.
J’ai envie de dire TMTC.
décembre 7, 2009
Hard as a rock – Comment plomber l’ambiance avec un nouveau post sur le couple
La gloire me court après, mais j’ai pris de l’avance. Elle ne devrait pas me rattraper au rythme où je vais.
En des termes plus explicites : le succès de ce blog me dépasse. Chaque post entraîne un torrent de commentaires, que je me vois obligé de modérer intégralement pour ne pas susciter de jalousie parmi mes lecteurs trop nombreux.
Les thèmes les plus sinistres, comme celui du couple, trouvent un écho inattendu, à tel point que je n’aurai bientôt plus besoin d’écrire sur la mort, Tarkovski ou le nahuatl – sujets putassiers s’il en est – pour faire venir les foules. Puisque de fait, foule, tu es ici.
Merci foule.
Et désormais que je te sais acquise, foule, je vais pouvoir m’accorder une certaine liberté et continuer à creuser le sillon du glauque que j’ai si joyeusement entamé en te parlant des relations amoureuses.
Car oui, la vie n’est pas faite que de réjouissances, d’insouciance, de liberté ni de folie.
La vie (de couple) est aussi faite :
- d’engagement,
- de compromis,
- d’agacement,
- de patience,
- de qu’est-ce qu’elle fout putain, une heure que je l’attends,
- de non c’est pas grave j’avais un bouquin, on est pas à une heure près de toute façon et j’adore Balzac,
- de non ça me dérange pas du tout de pas regarder le match ce soir pour aller chez tes parents,
- de non je sens pas l’alcool j’ai changé de parfum,
- de mais non tu sais que je fume pas c’est les gens qui respectent plus rien, ils fument n’importe où même sur mes fringues,
- de petits noms ridicules qu’on va pas écrire ici,
- de si si je t’écoute, tu disais ?
- de oui moi aussi je pense à toi, mais je suis au taffe là c’est pas très pratique, non tu me soules pas, quoi je suis désagréable, putain qu’elle est lourde, je te rappelle,
- de vas-y fais pas la gueule, je bossais, j’étais stressé, ils m’ont fait chier toute la journée, excuse-moi,
- de oui t’auras un cadeau, t’as choisi ? ah ouai quand même, non pas de problème c’est vrai que je suis un peu à l’arrache de thune en ce moment, mais bon…
- de non non rien, pas de problème, on ira faire les courses ensemble tout le samedi après-midi, tout ce que tu veux si ça te fait plaisir, même si les courses ça me donne envie de mourir en temps normal, avec toi c’est un bonheur de chaque instant,
- de en revanche ce soir je rentre tard, j’ai un pote qui vraiment besoin que je sois présent (au bistrot) pour lui,
- de tiens je savais pas que t’étais restée proche comme ça avec ton ex,
- de non je suis pas jaloux il était illettré ton ex tu crois que je suis jaloux d’un illettré, lui il sait même pas écrire jaloux,
- de ah tu veux te coucher, bon ok,
- de ah tu veux te coucher genre vraiment dormir, bon ok,
- de est-ce que je dors, oui là je dors, enfin je dormais,
- de quoi tu te sens mal dans ta peau, mais non pourquoi tu dis ça, putain il est tard, non j’ai rien dit, tu es quelqu’un d’exceptio… scuse je m’étais rendormi, ouai donc t’es géniale, t’as fait les bons choix, t’es super courageuse, t’as du talent et t’es belle et… Putain tu dors ? Tu te te fous du monde. Elle se réveille pas la folle. Oui ça va je me tais je te laisse dormir,
- de quoi vas te laver les dents, toi vas te laver les dents,
- de non je l’ai pas vue la fille avec les bottes en cuir et la jupe de ouf qui est sexy à se frapper la tête par terre. Vas-y montre elle est où ?
- de je ne t’ai jamais menti,
- de non je baisse pas les yeux quand je te regarde,
- de mais parfois quand je te parle oui,
- de une Saint-Valentin, trop bien, et de deux youpi, et de c’était hier la Saint-Valentin, de toute façon on s’en fout, de tu te souviens quand on faisait la Saint-Valentin, c’était kitch mais c’était sympa, ah non tu te souviens pas, bon, moi non plus en fait,
- de c’est marrant cette façon qu’il a ton père de pas répondre quand je lui parle, un peu comme si j’étais pas là,
- de si si j’adore tes amis, c’est vrai qu’on est très différents, mais c’est d’autant plus intéressant de les rencontrer,
- de on les a pas déjà vus ce mois-ci ?
- de non t’as pas grossi, oui t’es toujours aussi jolie qu’avant, plus encore,
- de quoi mytho, non pas mytho, t’es hyper sexy en jogging bah oui, c’est comme ça,
- de trop maquillée ? Non, je dirais pas ça. Je dirais apprêtée. Mais c’est vrai que j’aime bien aussi plus naturelle,
- de mais si maquillée ça peut faire naturelle, d’ailleurs là t’es parfaitement maquillée et naturelle,
- de oui moi aussi je t’aime,
- de bah oui, là tu me dis je t’aime, je vais te regarder et je vais pas te répondre,
- de je t’aime. Putain elle répond pas,
- de quoi je tiens beaucoup à toi, heureusement que tu tiens beaucoup à moi, il manquerait plus que ça, avec le temps on s’attache même aux plantes,
- de silences,
- de allez, salut, c’était bien, je t’ai aimée,
- de long silence,
- de ça me fait plaisir de te revoir, t’as changé, oui moi aussi j’ai énormément changé, je suis plus le même homme, je suis comme avant en deux fois mieux. Maintenant je suis l’homme de l’année, j’ai ouvert un blog que tu lis pas et si par hasard tu le lis, sache que j’y invente beaucoup de choses.
décembre 5, 2009
Death ? Whatever.
La logique voudrait que je vous explique pourquoi le couple c’est relou, pourquoi comme la Micheline des sketchs d’Elie Semoun on est tellement mieux tout seul, pourquoi vous, entités binaires, n’avez comme seule perspective certaine que votre dislocation.
Mais ce serait un peu pesant et, en ces heures mélancoliques du début du mois de décembre, je préfère évoquer un sujet plus joyeux, un thème léger qui nous apportera à tous un peu de fantaisie et de réconfort. La mort en l’occurrence.
Knew you’d love it.
Le premier truc marrant avec la mort, c’est que chacun est persuadé de ne pas en avoir peur.
Si je me pose la question, je vais me répondre, avec une mauvaise foi sincère, que j’en ai peur pour les autres, mais pas pour moi. Que je crains plus de perdre quelqu’un que de partir. Que de toute façon je n’ai toujours pas compris ce que j’étais en train de faire de ma vie, que bon, manifestement j’allais pas sauver le monde, il se passerait donc de moi sans trop de souci, je n’avais pas de responsabilité envers lui. Que c’était cool la vie, pas fou, mais cool quand même. Inégal. Incroyablement inégal. Et très mal scénarisé, sans trop de cohérence.
Oui oui je me répondrais ça, dans le subtil mélange de mégalomanie et de détachement de façade qui me caractérise. Et ce qui est beau, c’est qu’après je me croirais.
J’écris tout ça à la première personne pour être poli, parce que je veux pas vous imposer ma vision des choses, même si elle est entièrement juste puisque j’ai toujours raison, comme je l’expliquais dans un post précédent. Mais pas de ça entre nous, n’est-ce pas, on se connaît assez pour faire fi – première fois que j’utilise cette expression de ma vie – des convenances. Repassons donc à un petit nous/on dans lequel vous n’aurez d’autre choix que de vous reconnaître.
Je disais donc qu’on était comme ça, un peu con, à fanfaronner tant que le danger était lointain, d’une forme imprécise, abstrait.
Or qui ne flippe pas quand la menace se rapproche et s’incarne ? Un accident de voiture, une agression, un maladie… En toute bonne foi, reste-t-on stoïque si un type nous met un flingue sur la tempe ?
Effort d’imagination et de sincérité du lecteur.
Plus cruel encore : on s’imagine volontiers se conduire en héros, se jeter sans hésiter sous les balles pour sauver par exemple la femme qu’on aime, se battre pour elle contre un gang et se relever la tête en sang, certes, mais empli du sentiment du devoir accompli.
Certain que l’image est savoureuse pour les petits Narcisses somnolants et rêveurs que nous nous plaisons à être.
C’est là que le nous devient un peu relou pour le lecteur.
Mais combien d’entre nous le feraient vraiment, combien sauraient surmonter l’instinct de lâche qui les clouerait sur place ? Combien se lèvent dans le métro quand il faut agir ? Combien au contraire calculent le niveau de risque de leur intervention et le confrontent au degré de violence dont ils acceptent d’être les témoins ?
Voilà, ça c’était le premier truc marrant avec la mort.
Le second truc marrant avec la mort, c’est que la peur qu’on en a semble s’effacer à mesure que la fin devient certaine. A croire que c’était l’éventualité de rester vivant qui suscitait tant d’angoisse.
Ce qui ouvre la voie à une théorie plus large, où je vous expliquerais brillamment qu’on a plus peur de vivre que de mourir et que c’est pour cette raison idiote qu’on passe notre temps devant l’ordi ou la TV.
Pulsion de vie, pulsion de mort.
Si je connaissais quoi que ce soit à la psychanalyse je vous raconterais plein de choses passionnantes sur le sujet.
http://www.deezer.com/en/music/result/all/que%20sera#music/result/all/wax%20tailor%20que%20sera
novembre 30, 2009
Relou-itude du couple : une fatalité ?
Voilà une question dont la réponse devrait faire consensus, tant semble universelle l’expérience de l’inévitable, constante, euphémiste (oui oui euphémiste) « érosion du couple ». Chacun se lourdant mutuellement jusqu’au lourdage final (Proust, fin connaisseur de la chose, a écrit dessus en des termes presque identiques, je paraphrase à peine).
Et pourtant, l’homme – qui n’est pas moi, mais le genre auquel vous appartenez vous, tandis que moi j’ai déjà accompli la mutation de l’espèce qui me permet de voir vos tribulations maladroites avec un recul amusé – l’homme donc, s’obstine dans la formation de ces entités curieuses vouées à l’échec.
Les « couples ».
Pire encore, l’homme organise des fêtes chères et costumées pour sanctifier l’apothéose de son obstination stupide.
Les « mariages ».
Preuve du peu de considération que l’homme a pour sa famille et ses amis, il les y invite même, infligeant à ce public innocent une violence symbolique à laquelle il est impossible d’être assez préparé.
Quelle gifle que le consternant spectacle du passage des alliances, que de désuétude dans cette foule en habits du dimanche, que de malveillance dans le fatal lancer de bouquet qui désignera la prochaine victime…
Or chacun, dans une insouciance criminelle, s’amuse ou en donne l’image, congratule les deux héros du jour, comme s’ils ne venaient pas, quelques instants plus tôt, de se donner la main avant de sauter dans le vide. Ce qui est mignon certes, mais suicidaire.
Tous ici avez vu La Haine, très beau film sur le mariage : le plus dur c’est pas la chute, c’est l’atterrissage.
La relou-itude du couple est un sujet immense, beaucoup ont consacré leur vie à l’expérimenter sans arriver à en faire le tour.
C’est donc avec une modestie d’amateur que j’attaquerai, si j’en ai le courage, chacun des deux imposants versants de cet Everest des préoccupations humaines:
- la relou-itude du couple pour ceux qui le composent,
- la relou-itude du couple pour ceux qui le fréquentent.
Etneditespasquejesuisaigriparcequepasdutoutjevisdanslebonheuretlebonheurvitdansmoitoutlesdeuxonestunpeucommeheu…rienn’estcomparableenfait.
novembre 29, 2009
Nouvelle preuve de la suprématie américaine
Goût du spectacle et des retournements de situation qui font la grandeur de ce pays.
L’homme part la tête basse, la bière à la main (Stella vraisemblablement), avec un pote (en l’occurrence, une peluche géante…) qui lui tape sur l’épaule: une vidéo exemplaire, à montrer dans toutes les écoles de râteau !
novembre 27, 2009
Le début de la gloire
C’est officiel, en à peine trois semaines, mon objectif est atteint : je remonte en premier sur Google quand on tape « le râteau de l’année ».
Merci à vous tous.
Idem pour le « râteau sur Facebook ».
Who’s da man ?
Je suis dans le bonheur.
novembre 24, 2009
Mettre un râteau avec classe – Le retour d’Abitbol
J’avais dans ma classe il y a quelques années un type qui s’appelait Abitbol. Un des mecs les plus drôles que j’ai rencontrés de ma vie. Il a poussé l’humour jusqu’à entrer dans une yeshiva et devenir rabbin.
Faut pas faire de compromis dans l’humour, c’est ça le secret.
Néanmoins ce n’est pas à ce type que je fais référence dans le titre, mais à un autre Abitbol : Georges Abitbol, communément décrit comme « l’homme le plus classe du monde ».
Si vous avez deux minutes à perdre – et c’est forcément le cas car vous lisez ces lignes – vous pouvez jeter un œil à cet extrait du Grand détournement, qui me fait bien rire, quoique je ne sache pas véritablement pourquoi. Je crois que j’y suis surtout sentimentalement attaché.
http://www.youtube.com/watch?v=twQzI37YumM
Elégant, plein d’assurance, de subtilité et de répartie, Georges Abitbol incarne l’esprit de ce blog. Un esprit que certains ont pu croire perdu dans les mirages de l’autodérision : à ceux-là je dis soyez rassurés, la belle arrogance que vous appréciez tant ne s’est pas laissée abattre. Aux autres je dis L like loosers.
C’est bon, vexés, ils sont partis. Nous sommes entre nous. Winners.
Signe de ce retour du souffle originel, le sujet du jour : mettre un vent avec classe.
Si prendre un râteau est un véritable accomplissement, il n’est parfois pas inutile d’inverser les rôles et de se placer dans l’inconfortable position de celui qui donne le râteau. Car les râteaux, c’est comme les sous, malgré le poids de notre éducation judéo-chrétienne, on préfère toujours les accumuler que les donner.
D’ailleurs, le premier râteau qu’on donne, on le rate. On pense l’avoir donné alors qu’en fait non, l’autre n’a pas compris. On s’y est pris comme un manche.
Manche à râteau. C’est drôle. Faut rire. Pas de compromis dans l’humour on a dit.
Or si vous avez mal donné le râteau, que votre partenaire ne repart pas satisfaite avec ce qu’elle est venue chercher, vous devrez le lui redonner, vivre à nouveau cette situation délicate que vous avez si mal gérée la première fois.
Je préconise donc un râteau franc et massif. En d’autres termes un gros râteau. Mettez-vous quelques secondes à la place de l’autre, ne soyez pas pingre ni égoïste, donnez-lui ce que vous aimez généralement recevoir.
Pour cela, évitez à tout prix : je ne sais pas, ce n’est pas le moment, ce n’est pas de ta faute, je ne sais pas où j’en suis, je crois que je suis dans une phase de ma vie où je préfère rester seul, tu ne serais pas heureuse avec moi, je ne te mérite pas.
Dîtes non et n’expliquez rien. Fuck. On va non plus se faire chier à expliquer quand on met un râteau, c’est suffisamment relou comme ça.
Pour les plus motivés, à qui cette version épurée ne suffit pas, osez retourner la situation et faites en sorte que votre partenaire se sente coupable de partir avec ce râteau, qui est habituellement vôtre et que vous vous voyez, par sa faute, contraint de lui donner. Riez d’un air supérieur, puis, sur un ton abattu et contrarié à la fois, partez dans un long monologue vindicatif : pourquoi tu me dis ça, tu gâches notre amitié, tu penses qu’à toi, tu te trompes, tu sais pas ce que tu ressens, tu t’y prends mal, je te verrai bien avec mon pote, tu sais, celui qui te kiffe et te soule à la fois. Franchement, restons pas amis, c’est trop compliqué maintenant. Soupir de dépit. Mais je dirai à mon pote de t’appeler, t’inquiètes. Bah aller fais pas la gueule. Nouveau soupir. T’es vraiment lourde…
Et barrez-vous, George Abitbol que vous êtes.
novembre 24, 2009
Figure de la mère dans le cinéma de Tarkovski
Désolé, je suis obligé de faire des titres racoleurs pour rameuter des lecteurs.
Car des lecteurs ici, il y en a peu. Samedi par exemple, il y en a eu 6. Au maximum. Enfin il y a eu 6 clics quoi. Après, par la force des choses, le serveur a planté.
En attendant que la masse des suivistes arrive, j’écris ce post à ta gloire, lecteur, vaillante avant-garde qui soutient ce blog élitiste, exigeant et obscur, dont la profondeur infinie résulte de la valeureuse obstination de son auteur à toucher le fond. C’est à ce prix seul qu’on atteint des sommets (je suis l’Edmund Hillary de la métaphore, le Jacques Mayol du blog, I know).
Non, moi non plus je savais pas qui c’était Edmund Hillary, je l’ai trouvé sur Wikipédia, je vous laisse regarder. Mais revenez après, sans faute. Je vous mets pas le lien, parce que lui, il a gravi l’Everest, donc vous devriez pouvoir taper son nom dans Google en mémoire des trois doigts qu’il a dû perdre au passage, ça se fait. Bon, du coup, vous savez qui c’est. Jacques Mayol non plus vous savez pas ? Mais si, le Grand bleu…
Et c’est à ce moment précis, là, que vous vous rendez compte que ce post n’a aucun intérêt. Et pourtant, victime d’une addiction maladive, malgré vous, vous continuez, pervers que vous êtes, à lire avec avidité les mots qui s’enchaînent dans cette interminable logorrhée.
Et ce pour deux raisons, suivant l’heure :
- vous n’avez pas envie de bosser,
- et/ou il ne se passe rien sur Facebook.
Peut-être certains aussi, bercés d’illusions, espèrent-ils que je finirai par dire quelque chose. Pourquoi pas, après tout ? Je vais vous dire le fond de ma pensée, mais pas en nahuatl cette fois-ci.
Jséplusqui, peut-être bien Garcia Marquez, a dit un jour qu’il n’y avait que deux sujets valables sur lesquels écrire : l’amour et la mort.
Or par facilité ou lâcheté, on évite de réfléchir à ces deux idées. C’est très difficile d’écrire là-dessus, de même que c’est très difficile d’écrire au premier degré sans être plat et banal. Il est bien plus aisé de raconter des râteaux imaginaires sur le ton de l’ironie (en vrai, je ne me prends d’ailleurs jamais de râteau, je suis une force de séduction ambulante).
Sur la mort, Chevillard écrit de très belles choses en ce moment même sur son blog : http://l-autofictif.over-blog.com/
Si avec un post comme ça, je fais pas du clic, j’y comprends rien.
Reminder pour le prochain post (suave beauté du franglish…) : trouver un sujet avant d’écrire, penser à être drôle, retrouver le Georges Abitbol qui est en toi.